QUELQUES CITATIONS DE LANZA DEL VASTO

 

Lanza del Vasto (1901-1981) n'est plus à présenter. Poète, philosophe, artiste, rebelle non violent, il est le fondateur de la communauté de l'Arche, conçue sur le modèle des ashrams de Gandhi, qu'il a rencontré en Inde en 1936.

 

«La vérité que tu cherches n'est pas au bout de la route. Elle est partout, elle est en toi. C'est toi-même que tu cherches, ô fou, et tu vas te chercher au loin!»
«Tais-toi beaucoup pour avoir quelque chose à dire qui vaille la peine d'être entendue. Mais encore tais-toi pour t'entendre toi-même.»
«Je puis du moins t'enseigner les rudiments du métier, les règles de l'errance et l'itinéraire du retour.»
«La vie d'un doux bandit est dure à bien mener. Mais la joie des fontaines l'éclaire et toujours la grandeur du ciel.
Voilà longtemps déjà que je porte bâton, besace et barbe.
À
force de me balancer d'un pied sur l'autre, j'ai fini par oublier ce qu'on m'a fait apprendre à l'école, par oublier ce que j'ai lu dans les livres.»
«Il n'a que faire d'une voiture, il se moque des machines roulantes celui qui retourne à l'évidence.
Il va seul à pied celui qui va vers ce-qui-va-de-soi. »
«Enseigne à ton corps à mourir en marchant.
Enseigne-lui pas à pas la nature de toutes choses qui est de passer.
Que toute chose désirable dise à tes yeux: je ne t'appartiens pas.»
«Tandis que le paysage se déroule et que te pieds et tes genoux s'agitent sous toi, garde le coeur égal aiguise ton esprit en une pointe, efforce-toi d'appuyer cette pointe sur un point.»
«Si tu fermes la main, le monde te restera fermé comme un poing.
Si tu veux que le monde s'ouvre à toi, ouvre d'abord la main.»
«Celui qui n'est pas dépouillé ne goûtera jamais la nudité des choses.»
«Tu t'éveilleras à la source des herbes. Prie, ami, dans le premier matin tintant de gouttes et de trilles limpides, car les buées qui montent dans la lumière qui monte emporteront ta voix.»
«Joue à donner: il n'y a pas de jeu plus distrayant.
Donne-toi, dépense-toi, pars, pense, chante, agis comme on fait quand on chante.
Que l'héritière ingrate, la mort, quand elle viendra réclamer son dû, trouve des coffres vides, les restes d'une fête et la demeure quittée.»
«Pisse n'importe où, avec l'impudeur des purs.»
«Les membre enroulés et noués, établis-toi dans une posture inébranlable. Là, ne fais rien d'autre que de ne rien faire. Fais cela parfaitement.»
«Dans la contemplation, l'homme s'oublie, la pensée oublie qu'elle pense, l'Objet brille de lui-même, l'Objet se pense tout seul.»
«Dans des chemins que nul n'avait foulés, risque tes pas.»
«Le rite, c'est l'acte de présence.»
«Oublie les airs connus, dépêtre-toi de la glu des mélodies apprises. Laisse couler la voix selon sa loi propre et la pente du moment.»
«Ne veuille jamais écrire, ni peindre, ni sculpter, ni chanter, ni bâtir. Mais si l'image de la chanson ou la chanson se construisent d'elles-mêmes en toi, laisse les faire, par respect. Écarte avec force les appels du dehors, tiens-toi tranquille et laisse les faire. Attends, écoute, apprends ce que c'est qu'agir comme n'agissant pas. Sache veiller sur ton propre sommeil. L'art est une volonté délibérée de ne pas vouloir. »

Ces citations sont extraites de Principes et préceptes du retour à l'évidence.

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