L'IDÉAL ÉVANGÉLIQUE NE FAIT QUE CONTREDIRE TOUS LES SYSTÈMES D'OPPRESSION
(interview du père Fanch Le Quémener effectuée par Luc et Marie Boussard
le mercredi 3 décembre 2004 - deuxième partie)

Luc Boussard: Il y a une question que je voudrais te poser, si tu le permets. Plusieurs fois dans ta vie, autant que je sache, tu n'as pas hésité à faire montre d'engagement, en défendant les Bretons du FLB, je crois que tu as aussi pris parti pour les Basques... Est-ce que pour toi - permets-moi de te poser cette question, car je me la pose aussi à titre individuel - est-ce que pour toi il n'y a pas de conflit entre le fait d'être un prêtre, un homme de Dieu, et le fait d'entrer en lutte dans le monde temporel, de prendre fait et cause dans des affaires bien temporelles?

Fanch Quémener: Lors de l'intervention que j'ai faite en 78, qui fut assez longue - un témoin de moralité demeurait en gros cinq minutes à la barre, moi ça a été une demie heure, du tac au tac avec le président de la cour -, j'ai été tout de même très clair: "Je n'approuve pas la violence utilisée par mes compatriotes, mais Messieurs vous êtes mal placés pour les juger, puisque la vôtre est pire que la leur. Et j'ai repris les paroles de l'Évangile, "enlevez la poutre de votre oeil avant de prétendre enlever la paille de l'oeil de mes frères"." Ils n'avaient pas l'air de comprendre. "Messieurs, quoique celte, vous m'avez formé à des méthodes cartésiennes, je vous en remercie d'ailleurs (ah ah ah). En raisonnant correctement, je pense, tout le monde sait que la France a de la peine à équilibrer son budget, et que les déficits sont résorbés, dans une assez large mesure je crois, par les ventes d'armes. Or Messieurs, en bon cartésien, j'affirme que par ventes d'armes interposées, vous assassinez à travers le monde, malgré toutes les entourloupettes, la diplomatie et la langue de bois utilisées entre le départ de ces armes et leur utilisation. Donc Messieurs, je vous déclare assassins. Mes compatriotes ont cassé des cailloux, ils ont eu tort, mais ils n'ont cassé que des cailloux. Il est vrai que casser un caillou de l'État, c'est un crime de lèse-majesté. Tuer père et mère par passion, cinq ans de prison. Casser un caillou de l'État, dix-huit ans..." "Comment vous osez dire!... mais le jugement n'est pas..." "On connaît vos méthodes, on connaît vos conclusions, et donc on peut prévoir." Pendant cette demie heure, j'ai tout argumenté sur l'Évangile, le message de paix du Christ. Je n'ai pas approuvé la violence de mes compatriotes, mais encore moins celle, encore plus grande, d'un État qui camouflait ses turpitudes.

L. B.: Est-ce qu'au nom de l'Évangile les chrétiens à titre individuel et l'Église en tant qu'institution doivent se dresser contre les injustices et les erreurs de comportement des gouvernements, des pouvoirs...?

F. Q.: Le pape a été très clair par rapport à l'offensive américaine en Iraq...

L. B.: Et vis-à-vis du capitalisme par exemple?

F. Q.: Il est dénoncé pareillement, depuis Léon XIII - bon, on n'a peut-être pas commencé assez tôt -, mais depuis Léon XIII et la première encyclique ouvrière, si je puis dire, Rerum novarum, qui dit des choses nouvelles, l'Église s'est toujours élevée contre les abus de pouvoir, d'où qu'ils viennent et quels qu'ils soient. Et quand Jean-Paul II est allé au Chili, qu'il a été accueilli par Pinochet et qu'il lui a serré la main par diplomatie, en fait il a dit clairement ce qu'il pensait de son régime. Je crois qu'à ce niveau-là le pape actuel, même ceux qui le considèrent comme rétrograde au niveau de la morale sexuelle, par exemple, reconnaissent que, au niveau de la morale sociale et du respect de la personne humaine, il est carrément en avance sur les chefs d'État.

L. B.: Il y a quand même des gens qui l'accusent d'avoir fortement pris parti contre le bloc communiste, peut-être à juste titre, et d'être très influencé par l'Opus Dei...

F. Q.: Il savait ce qu'il avait souffert du communisme. Quant à l'Opus Dei, c'est un truc qu'on nous ramène assez facilement, et on peut effectivement, étant donné le contexte un peu passionnel de cette histoire, regretter que le pape ait canonisé un peu rapidement le fondateur. Mais le fondateur en tant que tel peut n'avoir rien à faire avec l'oeuvre telle qu'elle a évolué. Ses idées de prêtre étaient d'une clarté évangélique, même si ses collaborateurs par la suite...

L. B.: Il était quand même très marqué politiquement...

F. Q.: Il a eu la volonté de former des hommes de pouvoir chrétiens, c'est-à-dire respectueux des autres. De là à réussir, c'est une autre histoire. Même François d'Assise, en acceptant d'avoir des disciples, dès la première génération, ses frères ont trouvé que son idéal était trop rude. Au lieu d'avoir des cabanes en branches, à la manière de Saint François, ils ont fini par avoir des couvents, qui sont souvent devenus très riches. Et il n'y a pas eu un ordre religieux qui n'ait pas eu besoin de se réformer. Et beaucoup gardent d'ailleurs ce terme de réformer, parce que les monastères devenaient un peu comme l'Abbaye de Thélème de Rabelais. Et les monastères féminins... Quand Thérèse d'Avila est entrée au couvent - les filles étaient souvent un peu trop individualistes et avaient un peu trop de tempérament, des filles de prince qu'on enfermait là, mais on leur consentait une certaine liberté pour recevoir leurs amants -, quand elle a vu tout cela, elle a dit "il faut que ça change". Elle a eu du mal... Et il y a eu des pères abbés au siècle précédent... En Loire Atlantique, à l'abbaye de la Meilleraye, qui est une abbaye de cisterciens, de trappistes, il y a eu un père abbé qui a été assassiné par ses moines, parce qu'en fait, il avait son château à part et menait une vie peu monastique...

Marie Boussard: C'est quelle époque, ça?

F. Q.: Vers la fin du XIXe siècle... non même pas si loin, mettons, dans les années 1930. Pour réformer le monastère, c'est toute une équipe de moines de Ty Madeuc qui s'est portée volontaire. Et finalement ils ont choisi comme père abbé l'un de ceux-là. Il faut dire que là-bas il y avait la maison du père abbé, alors qu'à Ty Madeuc, le père abbé dort au milieu de ses moines, en dortoir comme eux, et non pas dans son palais à côté. Je suis passé à Ty Madeuc il n'y a pas longtemps, et j'ai constaté que, même pour la célébration, alors que d'habitude le père abbé est en tête de colonne, dans les stalles, dans la première stalle où est placée sa crosse, j'ai constaté que pour les offices il reste au milieu de ses moines et ne prend éventuellement sa place en tête que pour la bénédiction finale, le père abbé montrant ainsi concrètement qu'il n'est pas un patron, mais un frère, un serviteur...


Un repas entre amis à la mission. On reconnaîtra à gauche du père Quémener, le père Philippe Hénaff, nouvel aumônier de la Mission

L. B.: Si tu veux bien, pour garder un fil conducteur - on pourra revenir plus tard sur les retraites à Ty Madeuc -, j'aimerais t'interroger encore sur le problème de l'engagement, parce que c'est une question qui me tient à coeur depuis très longtemps. Jésus a bien dit "rendez à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César". D'une certaine façon - car moi je n'ai pas de réponse, je n'ai que des points d'interrogation -, j'interprète cela dans le sens "la politique c'est le boulot des politiciens et la religion celui des religieux". Est-ce que tu ne vois pas ça ainsi? Est-ce que la religion ne peut pas se vivre sous tous les systèmes et sous toutes les injustices, en visant plus haut que l'organisation de la société humaine?

F. Q.: Absolument. Mais il y a toujours eu des chrétiens, par exemple sous le régime soviétique, dans les différents pays, qui se sont retrouvés en prison parce qu'ils manifestaient leur foi, parce qu'on leur interdisait de manifester leur foi. Et l'idéal évangélique ne fait que contredire tous les systèmes d'oppression. On ne fait pas de politique pour choisir entre droite et gauche, pour tel ou tel mouvement, mais pour mener une politique au-dessus des systèmes politicards, au-dessus des systèmes dominés par la passion humaine plus que par le sens du bien commun. Dans ce sens-là, l'Église est obligée de faire de la politique au sens noble, au sens où le Christ dit "rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu". Chacun à sa place! mais quand César veut tout gérer...
Constantin, en 313 si je me rappelle bien, a déclaré le christianisme - on ne parlait pas spécialement de catholicisme, puisque le protestantisme n'existait pas, le monde orthodoxe n'existait pas non plus en tant que tel, il n'y avait que Rome, les divisions sont venues après - Constantin a déclaré le christianisme religion d'État. On a souvent dit que c'est le plus mauvais service qu'il lui ait rendu, parce qu'à partir de là beaucoup de gens sont devenus chrétiens pour avoir une bonne place. La conversion est devenue un moyen de promotion. De même, sous le roi Louis XVI, les protestants devaient soit se convertir soit foutre le camp, ou alors on leur coupait la tête...
Il y a des interférences, c'est fatal. Le Christ lui-même a été affronté à cela. Il a été affronté à Pilate. Qu'est-ce que la vérité, face aux mensonges des États? - parce que la diplomatie, c'est l'art du mensonge, selon une certaine définition, c'est l'art de faire croire qu'on dit la vérité en mentant effrontément, à la limite.

L. B.: La question que je me pose, et je ne sais pas si tu peux apporter un élément de réponse, c'est: "Est-ce qu'il est des situations où le croyant, ou l'homme de la Voie - tu sais que je ne suis pas chrétien, je pratique le zen...

F. Q.: Avec tout de même des influences chrétiennes au départ.

L. B.: Avec une formation chrétienne au départ... Est-ce que le croyant - je peux prendre ce mot-là, puisque je peux m'y identifier -- est-ce qu'il est des situations, prenons des cas extrêmes, je ne sais pas, la montée du nazisme ou d'une dictature communiste, où le croyant se doit de prendre parti et de s'engager? Ou est-ce qu'au contraire son devoir n'est pas justement de ne pas prendre parti, de toujours présenter un point de vue supérieur?

F. Q.: Chaque fois qu'un État, ou qu'un chef, ne respecte pas la personne humaine, l'Église, les chrétiens, se doivent d'intervenir.

L. B.: Si on accepte ton postulat, je n'ai pas l'impression qu'il y ait beaucoup de sociétés où les dirigeants respectent la personne humaine, et ne soient pas simplement au service d'intérêts bassement matériels qui asservissent délibérément les personnes, la France par exemple.

F. Q.: Absolument. Dans le cas de la France, l'Église est déjà intervenue... par exemple, au niveau de l'oppression de l'ouvrier dans certains styles de travail. l'Église est intervenue clairement là-dessus...

L. B.: Une tendance de l'Église ou l'Église tout entière en tant que telle?

F. Q.: Quel est le dernier cas?... Sur l'Islam et le problème du voile, l'Église intervient pour la défense de la personne humaine...

L. B.: Peut-être les choses ont-elles un peu changé, mais l'Église s'est souvent fait remarquer pour sa compromission avec les pouvoirs en place.

F. Q.: Bon, les hommes d'Église qui se compromettent... Je me rappelle encore, j'avais un confrère qui intervenait assez violemment pour le monde ouvrier, au moment des luttes assez dures au port de pêche de Lorient, ou au niveau des forges de Hennebont, et qui dans ses sermons était assez virulent, alors qu'il vivait comme un bourgeois. On ne peut pas. Sans vivre comme des bourgeois..., moi je ne vis pas comme un bourgeois ici, et à Hennebont mon style est le même, je ne vis pas dans le luxe, ni dans la misère, même si le dernier qui a écrit sur les Bretons, un bouquin complètement con, a dit que j'avais choisi la misère. Comme si c'était la misère! C'est la simplicité, c'est peut-être une espèce d'anarchisme, j'en sais rien, mais ce n'est pas la misère. Ils mélangent tout. Quand tu as des écrivains qui ne connaissent même pas le sens des mots, il n'y a plus qu'à jeter l'éponge.
Il est évident que les saints, les prophètes, qui mènent leur lutte à fond, finissent par être assassinés... Gandhi, sans être chrétien, mais parce qu'il était le défenseur de la vie humaine de façon radicale.
Il n'y a que les ânes à ne pas faire de politique. Mais à la fin, la plus grande des politiques, qui est de faire honte aux possédants, face à ces pauvres qui meurent dans la rue, n'a pas transformé les lois sociales. On ne les transforme pas d'un coup de baguette magique, hélas! Et d'ailleurs les lois sociales, même quand on les a transformées... prends n'importe quelle révolution, elle a toujours été récupérée par des maffias, la révolution française comme les autres, la révolution soviétique, toutes. Les nouveaux dirigeants vivent comme des pachas. On n'en sort pas.

L. B.: C'est pourquoi je me dis parfois que le rôle du croyant n'est pas d'intervenir dans le monde temporel, mais de montrer autre chose.

F. Q.: Il y a quand même des aumôniers de prison qui ont parlé fort pour défendre le respect de la personne. Ce n'est pas à eux de décider quelle doit être la dimension de la cellule; leur domaine, c'est le respect de la personne...

M. B.: Notre maître, Deshimaru, disait carrément qu'il faut se tenir à l'écart des endroits où se trouvent les hommes politiques et les riches...

F. Q.: Oui... vivre à l'écart... Il y a plusieurs manières de vivre à l'écart. Pour commencer, ne pas se laisser influencer, c'est vivre carrément à l'écart. D'accord. C'est ce que font les ermites. C'est une manière de protester, mais ce n'est pas la seule...

M. B.: Deshimaru voulait dire dans le tissu social...

F. Q.: Il faut qu'il y en ait qui soient dans le bain. Jésus dans l'Évangile dit de laisser pousser l'ivraie et le bon grain, et on verra à la fin. Si on veut être dans la pâte humaine - quand je dis pâte humaine, ce n'est pas seulement les pauvres, c'est aussi les riches et tout -, il faut être costaud. Plus on veut être dedans, plus on doit s'isoler, prendre des temps de réflexion, de remise à jour. Sinon on est foutu, on se laisse imprégner.

L. B.: On arrive à un point que je voulais garder pour plus tard... c'est l'importance des retraites dans la vie du croyant.

L'importance des temps de silence


La chapelle de la mission bretonne

F. Q.: L'importance des temps de silence. Appelons cela retraites, journées spirituelles, comme on voudra. Je fais des retraites annuelles de huit jours à Ty Madeuc, une abbaye de moines trappistes dans le Morbihan... Que ce soit là ou ailleurs, huit jours de silence, dans la mesure où on progresse (et j'espère que je progresse quand même, peut-être pas autant que je voudrais ... Saint Vincent de Paul en terminant sa vie disait qu'il aurait dû faire davantage). Mais maintenant, quand je fais une retraite, je ne me sens pas tellement à part, parce que, même dans la vie courante, je fais retraite, c'est-à-dire que je suis en communion en permanence avec Dieu, et plus j'ai de problèmes ou d'obstacles et plus je prie. Je fais silence pour écouter la parole de Dieu. C'est la base de la prière, plutôt que de raconter nos salades. Dieu les connaît nos salades, nos ennuis en tout genre. C'est nous qui ne connaissons pas la solution, ou l'éclairage, qu'il nous propose. D'où la nécessité d'être à l'écoute de Dieu. Et de plus en plus, dans mes homélies, par exemple dans mes échanges avec les fiancés que je prépare au mariage - d'ailleurs maintenant ils sont déjà ensemble depuis longtemps, je me rappelle même un cas où un couple avait huit ans de vie commune et deux enfants: "Alors ça marche bien comme ça? eh bien continuez! Pourquoi voulez-vous vous marier à l'Église? Ça veut dire quoi? Qu'est-ce que ça va changer?" "Oh ben si, c'est mieux..." "Alors moi je vais vous dire. Le sens de votre démarche, que vous ressentez peut-être sans le savoir, on peut en discuter, mais je ne tiens pas à célébrer votre mariage si c'est simplement pour la bienséance, pour en mettre plein la vue, pour que Madame puisse se promener avec une robe blanche. Ça n'a plus de sens. Un couple qui se marie religieusement veut dire par là aux parents et amis qu'ils s'aiment, qu'ils désirent s'aimer toujours, mais que, dans les conditions humaines où ils vivent, cet amour est fragile et qu'ils veulent donc se ressourcer à un amour indéfectible, celui de Dieu qui, par son fils, nous dit je vous aime, puisque son fils comme preuve de son amour a donné sa vie sur la croix. Maintenant on peut essayer de décanter et d'élaborer tout cela."
En terminant une première rencontre, je dis toujours: "Maintenant, je vous invite à écouter, à méditer la parole de Dieu. Allez, cinq minutes tous les soirs, ce n'est quand même pas beaucoup. Vous prenez Saint Jean, chapitre XVII." Ce sont toutes les réflexions du Christ sur l'amour, que Saint Jean a rassemblées autour de l'Eucharistie. La fois suivante, je leur dis: "Alors vous avez commencé?" "Non, on n'a pas le temps." "Vous avez le temps de faire des calins?" "Oui, c'est normal." "Vous n'y passez tout de même pas toute votre vie? Il y a des temps de repos. Profitez en pour lire un passage de l'Évangile, et les calins suivants n'en auront que plus de valeur." Ils restent à me regarder en pensant: "C'est quand même un sacré curé!" Et pourtant c'est tout simple,
il faut aller à la source, à la source de l'idéal qui nous est proposé. Qu'on soit capable de le vivre, ça c'est une autre histoire. "Sans moi, vous ne pouvez rien faire", dit Jésus et Saint Paul disait "je fais le mal que je ne voudrais pas faire et je ne fais pas le bien que je voudrais faire". Et c'était Saint Paul, le tempétueux, le coléreux. Je n'aurais pas voulu être son vicaire (ah ah ah).

L. B.: Puisque tu nous parlais du suivi que tu fais, par exemple, auprès des jeunes couples...

F. Q.: J'ai eu un jeune couple qui m'a dit: "Mon père c'est merveilleux. Dès la deuxième fois, non seulement on a pris cinq minutes, mais on a lu tout Saint Jean deux fois." En un mois, et la fois suivante ils avaient commencé Saint Marc. Ils avaient lâché, comme beaucoup, après la confirmation, à treize ans, et ils redécouvraient tout cela. "Si vous voulez tenir, il faut maintenir le contact, ne pas rester seuls. Seuls, c'est foutu."(À suivre)

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